samedi 12 juillet 2008
« Les enfants de la liberté » Marc Levy
Marc Levy nous raconte l’histoire de deux jeunes juifs qui rentrent dans la résistance en 1943. Ils sont très jeunes, entre 16 et 22 ans, ont peur, mais veulent se battre contre la tyrannie pour la liberté.
Un livre émouvant mais l’histoire est véritablement romanesque, un peu trop mélo, même si elle s’inspire de faits réels vécus par son père et son oncle. Et aussi elle joue plus sur nos sentiments que sur la narration ou le style. Le texte est écrit simplement et avec de « grosses ficelles ». C’est vrai qu’on s’attache aux personnages mais on a l’impression de lire un livre pour adolescents à qui on expliquerait la résistance et les horreurs de la guerre. J’attendais mieux sur un sujet aussi grave et sérieux. Mais je dois avouer que plusieurs fois on verse sa petite larme.
Même si l’écriture est plate, Marc Levy rend un bel hommage
à tous ces combattants de la liberté qui ont lutté pour nous.
lundi 30 juin 2008
« J’étais derrière toi » Nicolas Fargues
Ce roman se présente comme un monologue, comme si le héros
nous écrivait une lettre. Il nous fait une confession en nous narrant sa vie
amoureuse. Il nous parle du décalage entre ses désirs et ses actes, de l’amour,
de l’incommunicabilité, de la recherche du bonheur.
C’est un homme trentenaire, marié à Alexandrine, avec deux enfants, dont le couple bat de l'aile. Il va passer, seul, un week-end chez ses parents en Toscane. Dans un restaurant, le serveur lui remet un billet écrit par une jeune femme avec juste ces mots « Ero dietro di te » et un numéro de téléphone. Cette petite phrase anodine mais symbolique va changer sa vie.
Il n’a connu que
quatre femmes. Un jour il a fait un écart, l’a avoué à sa femme, et veut la
quitter puis se rétracte. L’ayant toujours dominé, en effet le narrateur disant
oui à tout, endossant tout les tords, Alexandrine va lui faire payer cher autant
moralement que physiquement. Sa vie va se transformer en cauchemar alors quand
cette inconnue, Alice, apparaît sa vie va basculer.
Il va faire son autocritique, analyser son mal être, son bonheur, son amour pour sa femme.
Le style original et imagé de l’auteur, comme s’il s’agissait d’une confession parlée, écrite d’un seul tenant sans chapitres, sans paragraphes, nous rapproche du héros. Il nous émeut et nous touche par son franc parlé. Un roman dense et sensible.
« Le bonheur, c’est toujours un souvenir, jamais le moment présent »
« « Le bonheur, c’est quand la lumière est bonne et qu’on n’a pas forcément conscience que tout va bien » C’est ça le temps perdu, le temps tout court, l’impossible équation du temps qui passe et qu’on voudrait retenir. »
« Il est immatériel, il n’existe pas. Le bonheur, l’avenir, est une parfaite inconnue, dans tous les sens du terme. T’es seul au monde de toute façon, et seul avec tes rêves. Mais si tu as la chance de rencontrer une femme qui, même si elle n’y est pour rien, t’a fait rêver et penser au bonheur pendant quelque temps, c’est déjà énorme. »
« Je pense parfois qu’Alex ne m’a jamais aimé. A d’autres moments, qu’elle m’a adoré de l’aimer, mais sans bien comprendre ni accepter que je l’aime à ce point parce que, pour plein de raisons psychologiques tordues et compliquées, elle pensait sincèrement ne pas mériter autant d’amour. »
mardi 24 juin 2008
« L’enfant de Noé » Eric-Emmanuel Schmitt
Ce livre est une relecture, je l’avais déjà lu il y a quelques années, mon père l’a acheté et j’en ai profité pour le relire.
Pendant la seconde guerre en Belgique, l’abbé Pons avec l’aide de la pharmacienne du village, recueille et protège des enfants juifs dans la Villa Jaune, un pensionnat catholique. Parmi eux il y a Joseph un enfant de 7 ans qui vient d’arriver et découvre ce qu’est être juif ou catholique. L’humanité du père Pons ne se limite pas à sauver ces enfants, il va aussi comme Noé sauver la culture juive dans une crypte sous sa chapelle. Il va ainsi apprendre à Joseph à aimer et être fier de sa religion, lui montrer les similitudes entre les deux religions.
Avec un récit court et une écriture simple non dénué d’humour,
Eric-Emmanuel Schmitt nous donne une belle leçon de bonté, d’humanité et
surtout de tolérance et d’espoir.
Du même auteur "La part de l'autre".
samedi 21 juin 2008
« Sauve-moi » Guillaume Musso
Juliette qui était venu aux Etats-Unis pour devenir actrice, est sur le point de rentrer en France après n’avoir vécu que de petits boulots. Avant cela elle décide de passer une dernière soirée à Broadway. Le hasard lui fait rencontrer Sam, un pédiatre, et c’est le coup de foudre. Ils vont passer un week-end passionnel. Et Juliette doit déjà prendre son avion de retour. A l’aéroport ni l’un ni l’autre ne fait le pas, ne dit le mot pour rester ensemble. Une demi-heure plus tard l’avion explose en plein vol… Mais l’histoire ne fait que commencer.
Guillaume Musso mène bien son histoire, avec de l’amour, du suspens, du surnaturel. Mais son écriture bien que claire et fluide est plutôt quelconque et très formatée, dans un style américain idéal pour l’adaptation cinématographique. J’avais fait cette même remarque pour « Et après… ». Malgré cela on rentre bien dans l’histoire, et on la lit avec plaisir pour arriver au dénouement final.
jeudi 12 juin 2008
« Le dernier des Weynfeldt » Martin Suter
Dans ce dernier roman Martin Suter nous fait découvrir le
monde de la grande bourgeoisie suisse et le monde de l’art. Son héros, Adrian
Weynfeldt, la cinquantaine, est expert en art chez Murphy’s, une maison de
vente. Il n’a pas besoin d’argent et travaille pour combler sa vie et son
spleen. Adrian Weynfeldt est « hypercorrect » toujours là, ne sachant
pas dire non, évitant les conflits, toujours polis, c’est le dernier de cette
génération, ses costumes sont taillés sur mesure, ses mouchoirs portent ses
initiales, il ne sait pas utiliser un téléphone portable, écouter son
répondeur, et encore moins utiliser Internet.
Sa vie oscille donc entre son travail, et deux groupes d’amis
bien distincts, ses amis vieux, anciens amis de ses parents et ses amis jeunes
qui profitent de son argent.
On va découvrir la vie solitaire et régulière d’un grand bourgeois,
qui va être bousculée par le charme d’une jeune femme Lorena, ancien mannequin,
cleptomane, rencontrée dans bar.
Et aussi par un de ses amis proches, qui lui donne pour une mise
en vente aux enchères une « Femme nue devant une salamandre » de Félix
Vallotton. Là le roman prend une tournure différente et devient presque un
polar où le suspens dure jusqu’à la fin.
Avec son écriture impeccable, par touches picturales successives,
et son ton ironique et subtil Martin Suter nous dresse le portrait de cette
grande bourgeoisie et du milieu de l’art, une belle étude de caractères avec
des rebondissements où morale et manipulation mènent le jeu.
Et aussi "Small World", "La face cachée de la Lune", "Un ami parfait", "Lila, Lila", "Le diable de Milan" Avec une mention spéciale pour "Small World" et "Un ami parfait".
dimanche 1 juin 2008
« Le Très-Bas » Christian Bobin
« Le Très-Bas » n’est pas une biographie de Saint Jean d’Assise, mais une impression. L’écriture de Christian Bobin est très belle et poétique tout en légèreté. Mais ce livre, malgré son prix littéraire, est un peu de qualité inégale. Il y a de très beau passage sur les mères, l’amour mais aussi des parties un peu ennuyeuses et brouillonnes.
La vie du futur Saint François d’Assise, fils d’un riche marchant, commence par une jeunesse dissipée, il a une belle vie, fait la fête, la guerre avec la noblesse d’Assise et de Pérouse. Malade, emprisonné, puis libéré il fait un songe en voulant retourner à la guerre. Dans une église il entend une voix « répare son Eglise en ruine ». Il vend tous ses biens et restaure la chapelle. Son père furieux lui fait un procès. L’évêque d’Assise le prend sous sa protection. Il se retire alors dans une pauvreté absolue, se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel.
Ici on découvre les aspirations de Saint François d’Assise. On approche l’humilité et l’amour de son prochain.
dimanche 25 mai 2008
« Samedi » Ian McEwan
Ian McEwan construit son roman comme une tragédie classique, l’action se déroule en une seule journée. Nous allons vivre ce samedi avec Henry Perowne, un brillant neurochirurgien, marié à une juriste, père de deux enfants, une fille qui va publier son premier recueil de poèmes, et un garçon musicien de blues. Cette journée aurait pu être tout à fait ordinaire, partie de squash, courses, retrouvailles, repas de famille et urgence à l’hôpital.
Mais ce samedi à son lever Henry Perowne découvre une boule de feu dans le ciel londonien… Une comète dans le ciel, un avion en feu, un accident, un attentat, l’attaque terroriste du World Trade Center est toute proche… Un peu plus tard dans la matinée une manifestation contre la guerre en Irak le détourne de sa route et, le déroulement de la journée est modifié… Un accident de voiture, une altercation et, ce samedi basculera.
Dans un style précis, avec une précision chirurgicale, Ian
McEwan nous narre la journée de son héros, en entrelaçant sa vie privée et les
événements du monde. A travers Henri Perowne, son introspection sur sa vie, sur
la vie, sur le monde et sa complexité nous allons réfléchir sur le hasard et le
destin, l’amour, la vieillesse, la mort, la violence. Mais malgré une idée
intéressante un style agréable, les 24 heures de cette vie sur près de 400
pages sont parfois un peu longues et ennuyeuses. Mais le héros est attachant.
lundi 5 mai 2008
« Nouvelles chroniques de San Francisco » Armistead Maupin
Voilà la suite des « Chroniques de San Francisco ». On retrouve avec un grand plaisir tout nos héros, Mary Ann, Michael, Mona, Brian, Mme Madrigal, Dede, Beauchamp… Tous ces personnages haut en couleurs du 28 Barbary Lane et des quartiers huppés. Comme le premier tome on ne peut pas raconter l’histoire pour ne pas dévoiler les rebondissements. Mais on partage de nouveau leurs joies et leurs peines avec en plus un côté roman policier… Des chroniques remplies d’humour, de tendresse et surtout de tolérance, d’humanité et de solidarité.
Vivement le troisième volume ! Je viens de voir que la
série vient de se compléter d’un dernier volume, le septième « Michael
Tolliver est vivant » sorti début avril.
lundi 28 avril 2008
« Mon chien Stupide » John Fante
Henri Molise, un scénariste quinquagénaire sans travail, vie
avec sa femme Harriet et ses quatre enfants sur le bord du Pacifique. Un soir
de pluie il trouve dans son jardin un grand chien, qui va de suite s’imposer
dans cette famille. Ce chien pas très intelligent et obsédé sexuel, nommé
Stupide, va servir en quelque sorte de catalyseur à tout les problèmes
familiaux qui vont se succéder. Stupide va être le révélateur des difficultés
relationnelles entre les parents et les enfants, qui quittent tour à tour le foyer et laissent
les parents face à leurs doutes, et leurs espoirs passés. Un livre ou humour et
ironie se mélangent dans des situations cocasses, drôles et amusantes mais cela
ne suffit pas pour faire un bon livre. Je n’irais pas jusqu’à faire un jeu de
mot facile en écrivant que ce livre est stupide… Mais ce n’est pas un livre qui
va rester dans nos mémoires, même si on sourit souvent.
jeudi 24 avril 2008
« Chroniques de San Francisco » Armistead Maupin
A l’origine ces « Chroniques de San Francisco » étaient publiées sous forme de feuilletons dans le quotidien The San Francisco Chronicle, puis après en roman. Une série qui en compte six.
L’histoire se déroule à la fin des années 70 à San Francisco. On va suivre la vie de toute une galerie de personnages vivant dans une pension au 28 Barbary Lane tenue par Madame Madrigal. Une femme mystérieuse et charismatique qui accueille ses nouveaux locataires en leur collant un joint sur leur porte, provenant de plantes cultivées par ses propres soins et ayant toutes un petit nom. Son petit monde est formé par Mary Ann, nouvelle arrivée dans la ville, Mona, rédactrice publicitaire, avec son colocataire Michael un gay qui cherche l’homme de sa vie, Brian un macho coureur de filles. La haute société aussi n’est pas loin avec Dede et son mari Beauchamp, le père Edgar directeur de l’agence publicitaire, le docteur Fielding,…
Ce roman est un véritable feuilleton télé qui nous tient en haleine, avec des chapitres très courts (car c’étaient des chroniques au départ) qui nous poussent à lire pour découvrir la suite des rebondissements de la vie de nos héros, leurs joies, leurs peines, leurs doutes, la vie, la mort. On découvre la mythique ville de San Francisco symbole de la liberté sexuelle et de la tolérance à une époque ou tout était permis.
Raconter les « Chroniques de San Francisco » est impossible, elles sont une grande fresque colorée et humaniste. Il faut les lire.
L’écriture est simple, dynamique et très rythmée, le ton est parfois grave, mais toujours rempli d’humour et de tendresse qui rend ces personnages très sympathiques et attachants.
Un livre qui représente la vie et qui prêche pour la tolérance et la liberté.
Je ne vais pas tarder pour lire le tome 2 et sans aucun doute les suivants…
Ps Un mode de vie qui m'a fait penser à quelqu'un ;)










