BUH by PTIT SUSHI

Mon Amour, mes joies, mes peines... Mais aussi mes lectures, mon cinéma, ma cuisine... Et en plus je suis gay... Mais plein d'espoirs...

vendredi 13 avril 2012

"Marina" Carlos Ruiz Zafon

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Carlos Ruiz Zafon signe un roman d'aventures gothiques et fantastiques, où il met en scène un jeune garçon de quinze qui s'échappe de son pensionnat pour visiter les rues désertes et les maisons abandonnées de Barcelone. Un soir alors qu'il visite une maison qui semble abandonnée et observe une montre à gousset cassée, il se rend compte qu'on l'observe, terrorisé il s'enfuit en emportant la montre. Rempli de remords il revient en journée pour la rendre. Et il va faire connaissance et se lier d'amitié avec la fille du propriétaire qui à son âge, Marina. Elle va lui faire découvrir un vieux cimetière où une mystérieuse femme voilée rend visite à une tombe qui ne comporte pas de nom mais un papillon noir. Ils vont décider d'élucider ce mystère. Et cette aventure ne va pas les ménager dans leur recherche au fond du vieux Barcelone, dans ses vieilles demeures, ses cimetières, ses égouts.
Avec une écriture fluide et simple Carlos Ruiz Zafon décrit une atmosphère lugubre et sombre remplie d'êtres mystérieux et effrayants qui sentent la mort. Ce roman est envoutants, on est à la fois terrifié et émerveillé et on s'attache vraiment aux deux héros.
Par contre on voit qu'il s'agit d'un roman de "jeunesse" de l'auteur, le fantastique y est beaucoup plus présent que dans ses romans précédents, suivants plutôt ( "Marina" écrit en premier mais publié après en France) Dans "L'Ombre du Vent" et "Le Jeu de l'Ange" l'écriture a beaucoup plus de maturité. Mais on prend un grand plaisir à sa lecture.



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vendredi 6 avril 2012

"Les amants du Spoutnik" Haruki Murakami

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K. est un jeune homme assez effacé et solitaire, il lit beaucoup et est secrètement amoureux de Sumire, une jeune fille fantasque qui veut devenir écrivain, dont il est le seul ami. Ils sont très proche. Et elle est capable de l'appeler en plein milieu de la nuit pour lui parler et lui poser des questions pendant des heures.
Lors d'un mariage, Sumire va rencontrer Miu, une femme ayant le double de son âge dont elle tombe amoureuse. Cette femme d'affaire ayant la quarantaine va lui proposer un travail. Mais Miu a un secret qui va bouleverser leur vie…
Murakami nous conte l'histoire d'un trio amoureux, d'amours impossible, d'amours non partagées, d'amours blessées, d'êtres en quête d'absolu, dans un monde où ils se croisent, se frôlent sans jamais s'atteindre. Nous sommes des satellites, nous tournons les uns autours des autres sans jamais nous confondre dans nos sentiments, sans jamais pouvoir établir un profond contact, restant toujours inaccessible.
"Les amants du Spoutnik" est un superbe roman avec une écriture simple et fluide d'une grande sensualité et aussi d'une grande force. Tout simplement un poème envoutant qui touche le coeur et l'âme du lecteur.

"En sa présence, je ressentais parfois une souffrance aussi aiguë que si une lame de sabre avait pénétré dans mes chair. Pourtant, en dépit de cette souffrance, les moments passés en sa compagnie étaient plus précieux que tout à mes yeux. C'était seulement auprès d'elle que je parvenais à oublier le sentiment de solitude inscrit en filigrane dans ma vie. Elle élargissait les limites du monde où je vivais, m'aidait à respirer plus profondément. Personne d'autre ne me faisait cet effet."

"Nous étions de merveilleuses compagnes de voyage l'une pour l'autre, mais en fait à la façon de blocs de métal solitaire, qui suivent chacun leur trajectoire. Vu de loin, ça paraît aussi beau qu'une étoile filante ; seulement, dans la réalité, nous ne sommes que des prisonniers, enfermés dans nos habitacles de métal respectifs, incapables d'aller où que ce soit. de temps en temps, les orties de nos satellites se croisent, et nous parvenons enfin à nous rencontrer. Nos coeurs réussissent peut-être même à se toucher. Mais juste un très bref instant. Sitôt après, nous connaissons de nouveau une solitude absolue. Jusqu'à ce que nous nous consumions et soyons réduits à néant."

"Chacun d'entre nous à connu un événement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont de la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torchent pour illuminer leur vie tout entière. Mais une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée."

"C'est ainsi que nous poursuivons nos existences, chacun de notre côté. Si profondément fatale que soit la perte, si essentiel que soit ce que la vie nous arrache des mains, nous sommes capables de continuer à vivre, en silence - même lorsqu'il ne reste de notre être qu'une enveloppe de peau, tant nous avons changé intérieurement."


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"L'esprit de l'escalier" Raul Ruiz

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Dans ce roman, Raul Ruiz avait pour mission de s'inventer une biographie fictive, de s'inventer une vie. Il va donc s'inventer une nouvelle identité, il est Flanders, mort en 1850, un dandys belges qui fait parti du club des agathopèdes, un groupe qui inventait des canulars, faux livres, faux pays, fausses biographies… Et même mort ressuscité par des spirites Flanders va les mener en bateau dans de folles histoires.
Un livre fantastique, plein d'imagination, et très amusant !

 

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dimanche 11 mars 2012

" Le chat qui venait du ciel " Hiraide Takashi

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Un couple loue un pavillon dans une propriété avec un vaste jardin. La propriété est partagé entre les vieux propriétaires et une autre famille mais chacun garde son intimité et une partie du magnifique jardin.
Tout est calme et volupté dans ce vaste jardin, l'envol d'une libellule, les fleurs qui éclosent, le vent, ravissent le poète. Un jour un petit chat apparait, Chibi, et envahit la vie du couple qui s'attache à lui. Leur vie va s'axer autour de celle de ce petit chat malicieux. Mais Chibi est indépendant, il vient quand il veut, joue quand il en a envie, il veut manger boire mais n'accepte aucune caresse.
Chibi devient indispensable au couple jusqu'au jour où il disparait. Et un malheur ne venant jamais seul, les propriétaires vieux et malades vont quitter la maison et la mettre en vente.
Takashi Hiraide écrit un roman intimiste, et nous entraine dans un Japon un peu hors du temps, poétique, emprunt de traditions, face à un monde moderne qui gagne du terrain. Et dans ce joli jardin le poète crée un bulle remplie d'émerveillement.
"Le chat qui venait du ciel" est un joli roman mais qui a sans doute beaucoup perdu de sa beauté par une traduction de mauvaise qualité. 



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samedi 25 février 2012

" Islande " Bibliothèque du Voyageur Gallimard

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Excellent ouvrage ! 

Mais vais-je pouvoir partir ... 

 

 

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vendredi 27 janvier 2012

"Mémoires imaginaires de Marilyn" Norman Mailer

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Bof...

 

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vendredi 6 janvier 2012

" Dans les forêts de Sibérie " Sylvain Tesson

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Sylvain Tesson a trouvé une méthode pour se réconcilier avec lui-même et avec le monde. Il va passer six mois dans une cabane en Sibérie au bord du lac Baïkal, à la recherche du bonheur, seul, avec pour seuls compagnons la nature et les livres.
Ce livre est donc sont carnet de bord. Sa vie est réduite à des gestes vitaux, couper du bois, tirer de l'eau, pêcher le poisson, préparer ses repas. Et tout cela est entrecoupé par des périodes de repos, de contemplation du monde qui l'entoure, des promenades, la lecture et l'écriture. Quelques visites viennent interrompre sa vie, l'occasion de discuter et de boire de la vodka.
Avec une écriture élégante, limpide Sylvain Tesson nous narre son séjour, son enchantement face à la nature et ses murmures, ses éblouissements dans la contemplation, et ses réflexions. Ces quelques mois seul avec lui-même, son ermitage lui ont permis de trouver une harmonie, un apaisement et une liberté intérieure en analysant l'existence de l'homme dans le monde contemporain.
Sylvain Tesson écrit un superbe récit emprunt d'émerveillement, d'humour, et parfois de gravité sur son parcourt qui le rend attachant et, il nous emporte avec joie et délice au bord du lac Baïkal.

"Les livres sont des icônes"
"La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous rend jouissance des choses."
"Ne pas s'installer, toujours osciller de l'une à l'autre extrémité du spectre des sensations."
"S'asseoir devant la fenêtre le thé à la main, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l'idée qui passe, la jeter sur le carnet de notes."
"S'installer dans le réduit d'une hutte sibérienne, c'est gagner la bataille contre l'ensevelissement sous le tombereau des objets."
"La lune rhinocéros qui de sa corne d'ivoire blesse la nuit couleur d'Afrique."
"Les lacs exhalent une atmosphère mélancolique parce que les esprits y maraudent en vase clos, ruminant leur chagrin."
"Je guette le clair-obscur, les tremblements de la lumière et non plus les métamorphoses du rivage."
"J'ai rêvé à cette vie. Aujourd'hui, je la goüte comme un accomplissement ordinaire."
"Le silence me revient, l'immense silence qui n'est pas l'absence de bruit mais la disparition de tout interlocuteur.
"Le non-agir aiguise la perception de toute chose."
"Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu'un à qui l'expliquer."
"Les marbrures de la glace, la banquise explosée, l'armée des pins sous le fardeau de la neige et les draperies de granit noir composent sur la toile du ciel un tableau de souffrance."
"Il y a une jouissance à tenir en ordre son intérieur."
"Rien ne me manque de ma vie d'avant. Cette évidence me traverse alors que j'étale du miel sur les blinis."
"Penser à ce qu'aurait pu être cette journée si mon être chéri, la seule personne sur cette terre qui me manque même quand elle est prés de moi, avait daigné être là."
"Le défilement de l'espace leur donne l'illusion du ralentissement du temps."
" Aimer c'est reconnaître la valeur de ce qu'on ne pourra jamais connaître. Et non pas célébrer son propre reflet dans le visage d'un semblable."
"Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesse."
"Nous sommes toujours en retard de vivre. Le temps n'offre pas de deuxième chance. La vie se joue à un coup."
"La contemplation, c'est le mot que les gens malins donnent à la paresse."
"Plus on connait les choses, plus elles deviennent belles."
"Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre."
"La vie consiste à tenir le coup entre la mort des êtres chers."


 

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samedi 3 décembre 2011

"Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" Haruki Murakami

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Murakami nous présente un carnet de bord de sa vie d'écrivain mais surtout de sa vie de coureur. Au fil des pages l'homme se dessine, se dévoile délicatement tout en douceur et en sagesse.
Après avoir dirigé un club de jazz, Murakami se consacre à l'écriture. Cette activité sédentaire le pousse à pratiquer la course à pied pour garder la forme physique. Mais il va s'y consacrer très sérieusement en courant six fois par semaine et en participant à des marathons à travers le monde.
L'auteur va analyser avec minutie ses pensées et son corps face aux épreuves de la course, ses joies et ses souffrances. C'est un écrivain qui écrit et analyse son activité sportive avec talent. Et même s'il n'écrit pratiquement que sur cela, son récit nous dévoile parfaitement l'auteur. Murakami apparait donc comme un homme méticuleux, avec une incroyable volonté mais surtout une simplicité, une humilité et une sagesse toute bouddhiste.
"De chaque échec, de chaque bonheur, j'essaie de tirer une leçon concrète (qu'importe qu'elle soit minuscule)". 
Courir est pour lui un moyen de se retrouver seul avec lui-même, de laisser son esprit divaguer, de penser à rien et après de se sentir bien, vidé, apaisé (et c'est pour cela que je cours moi aussi).
"Le désir d'être seul ne m'a pas quitté. Ce qui explique pourquoi l'heure durant laquelle je cours me permet de conserver mon temps de silence, le temps qui m'appartient, à mon sens indispensable pour me maintenir en bonne santé mentale."
Murakami réussi à faire un superbe parallèle entre la course à pied et l'écriture.
Bien sûr nous sommes loin de l'univers et l'écriture oniriques de ses romans, mais l'intérêt est ailleurs surtout quand le lecteur court aussi.

"Rien dans le monde réel n'est aussi beau que les illusions d'un homme sur le point de perdre conscience."
"On ne peut éviter d'avoir mal, il dépend de soi de souffrir ou non."
"Se consumer au mieux à l'intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course."

Octobre 2005 Murakami était à Cambridge et Boston Massachusetts, moi aussi j'aurais pu le croiser...

 

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mardi 22 novembre 2011

Jean-Louis Bloch-Lainé

 

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samedi 19 novembre 2011

" La Vie d'Arséniev " Ivan Bounine

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Par l'intermédiaire de son héros, le jeune Arséniev, Ivan Bounine raconte sa propre jeunesse à la campagne dans les steppes russes.
La famille d'Arséniev appartient à la noblesse terrienne de la Russie impériale qui va bientôt disparaitre. Un domaine immense, la nature, les animaux, une mère douce, un père qui dilapide la fortune familiale mais aimé de tous, des frères et des soeurs, voilà le cadre de vie du jeune Arséniev. On découvre son enfance et sa jeunesse solitaire et heureuse, sa sensibilité pour la lecture et l'écriture.
Bounine construit son récit avec de courts chapitres, qui sont de superbes tableaux sur la vie russe, la campagne avec les travaux des champs, les saisons et une nature omni présente.
L'écriture de Bounine est humaniste, à la fois simple et complexe, poétique, sensuelle et chaleureuse mais aussi empreinte d'une grande mélancolie et de mysticisme religieux. L'âme slave… 
"La vie d'Arséniev" est un magnifique roman russe, que Bounine a écrit en exil en France, à Grasse. Il est d'ailleurs le seul écrivain russe à avoir reçu le prix Nobel de littérature. Un livre à lire absolument pour découvrir l'auteur, son écriture, sa poésie, son amour de la nature, et aussi pour sa grande part autobiographique. 

"Je me rappelle une fois : le soleil, de plus en plus brûlant, chauffait l'herbe et l'auge en pierre de la cour, l'atmosphère s'alourdissait et se voilait, les nuages s'amoncelaient plus lentement, s'épaississaient, quand enfin ils furent secoués d'une vive lueur cramoisie, ils commencèrent à gronder quelque part là-haut, du fond de leurs cavernes sonores, puis se mirent à tonner, à répercuter les échos de leurs puissants roulements, et à exploser en violentes déflagrations, de plus en plus fracassantes, majestueuses, grandioses…"

"Pourquoi dès l'enfance l'homme est-il attiré par le lointain, l'espace, la profondeur, la hauteur, l'inconnu, le danger, partout où l'on peut donner l'élan de sa vie, jusqu'à la perdre pour quelque chose ou quelqu'un?"

"Le champ répandait mollement sa touffeur sèche, le bois lumineux palpitait, ruisselait, on percevait sa rumeur somnolente qui semblait fuir quelque part. Ce bruit parfois se renforçait, s'intensifiait, et alors l'ombre à résilles se bigarrait, remuait, des taches de soleil explosaient, étincelaient sur le sol et dans les arbres dont les branches pliaient et s'ouvraient à la clarté, dévoilant le ciel…"

"Comment se fait-il que l'âme russe trouve tant de charme et de jouissance dans l'abandon, la solitude, le déclin?"

"Peut-être est-ce vrai que tout est absurde, mais cet absurde c'est ma vie à moi, et d'où me vient le sentiment que la vie m'a été donnée pour bien autre chose que des blagues, et sûrement pas pour que tout passe et disparaisse sans laisser de trace?"

"Dans toute convalescence, on se réveille un beau matin en parfait accord avec les banals faits et gestes quotidiens qui accompagnent toujours la bonne santé; on sent qu'on est revenu à l'état habituel, un peu différent toutefois, enrichi d'une nouvelle expérience, d'une nouvelle sagesse."

"Je pressentais enfin, sous-jacent à la vie, quelque chose qui semblait contenir l'essence de cette vie, sa signification et sa finalité, quelque chose d'important que l'on ne pouvait ni saisir ni exprimer, objet d'une attente perpétuelle : l'attente du bonheur, certes, et sa plénitude particulière, mais plus profondément encore l'attente de ce qui pourrait nous révéler soudain (quand l'heure serait venue) cette essence, cette signification."

"Je ne savait pas encore que cette rapidité, cet évanouissement du temps annonçaient le début de ce que l'on appelle amour, début qui s'accompagne toujours d'une inepte allégresse, semblable à une ivresse éthérée…"

"Tout file à vive allure, et en même temps tout semble frappé d'immobilité, figé dans l'expectative; immobiles, les écailles de la croût neigeuse s'argentent au loin dans la clarté lunaire; immobile, la lune basse blanchit, embrumée de gel, auréolée d'un grand anneau irisé et voilé, mystiquement mélancolique; et moi je me sens doublement captif de cette course et de cette immobilité, abandonné à l'engourdissement de l'attente."

"Je découvris cet hiver-là "l'éternel fossé qui sépare le rêve de la réalité", je découvris l'éternel leurre de l'amour absolu, et ce fut une révélation violente, comme le choc d'une terrible injustice."

"Je bondis enfin dans la rue, avec une sensation de solitude mortelle qui frôlait l'extase."

"Derrière les vitres, la nuit bleuissait, menaçante, les étoiles étincelaient dans les branches des arbres du jardin…"

"La soirée glaciale se remplit des sonorités de son vieil instrument, et la mélopée romantique qui s'en échappe, lointaine, étrangère, ancienne, laboure l'âme de rêves et de regrets…"

"Des milliers d'abeilles rouges s'envolaient au loin, voltigeaient, la froidure de l'hiver sentait l'encens et le bois que brûlait la locomotives… Quelle était belle cette nuit au coeur de la forêt, nuit ténébreuse, austère, majestueuse! Les fantômes sombres des grands pins séculaires se pressaient en rangs serrés et somnolents le long de la voie étroite qui s'enfonçait sans fin dans la trouée des bois."

"La vie doit être un ravissement"

"Je n'arrive pas à tuer cet amour en moi."

 

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