mercredi 17 juin 2009
« Le canapé rouge » Michèle Lesbre
L’héroïne et narratrice du livre, Anne, voyage à bord du
transsibérien pour rejoindre un ancien amour, Gyl, qui n’a plus donné signe de
vie depuis plusieurs mois. Celui-ci tente de reconstruire sa vie au bord du lac
Baïkal. Ce long voyage va être, une introspection, Anne va réfléchir sur le
sens de ce voyage, se souvenir de son passé, de Clémence Barrot, sa voisine du
dessous, une vieille dame à qui elle fait la lecture sur son canapé rouge et
qu’elle a prise en affection. Anne va nous montrer le charme de cette campagne
russe, les chants, la musique, le jeu des enfants. En fait désespérée elle
recherche cet homme qu’elle a aimé, ce voyage jusqu’à Gyl et ses lectures sur le
canapé rouge de Clémence vont la rendre sereine et lui permettre d’affronter
une nouvelle vie en acceptant ce passé. Mais c’est aussi l’histoire
bouleversante de Clémence qui est en train de perdre la mémoire et qui va vers
un dernier rendez-vous avec son amour qu’elle a perdu à l’âge de 18 ans.
Ce petit récit très court est donc au final assez calme malgré ce long voyage lointain, mais le but n’est pas de nous bousculer, simplement il va nous transporter intérieurement par des rencontres et des désirs.
Il est simplement rempli de mélancolie, pas de tristesse et, la fin d’une grande beauté romanesque nous fait revivre. Et l’écriture de Michèle Lesbre est magnifique, simple et remplie de charme, d’une grande douceur.
« Presque aussitôt les gamins étaient revenus, petite
armée multicolore, chacun tenant son cerf-volant sur la poitrine comme un
bouclier. Ils s'étaient éparpillés sur la berge et avaient lancé dans le ciel
devenu presque rouge une nuée de papillons géants qui se mirent à planer
au-dessus de nous. Peu après, la mère m'avait expliqué que Gyl en avait
fabriqué un à chaque enfant du village, que tout le monde l'aimait. ».
« Je cherchais à comprendre en quoi ce voyage était
différent, je convenais qu’il n’était plus porté par ce qu’il l’avait initié
mais par autre chose, quelque chose qui m’obligeait à admettre qu’il s’agissait
de moi seule. »
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